Les gagnants du prix Jeune & Bénévole 2012

 

 

 

Lundi 3 décembre en fin de journée, Gisèle Stievenard et Hamou Bouakkaz, Adjoints au Maire de Paris, ont accueilli et remercié les bénévoles dans la salle des fêtes de l'Hôtel de ville.

La soirée a été clôturée par la remise des Prix Jeune et Bénévole. Les quatre lauréats désignés par le jury ont été félicités par Isabelle Persoz, présidente d'Espace Bénévolat, qui est l'association à l'origine de ce prix destiné à récompenser les meilleurs témoignages des 15 à 25 ans en faveur du bénévolat.

Découvrez le témoignage des lauréats 2012

Découvrez la vidéo de la remise des prix réalisée par la Chaine du Cœur : Deux lauréates du prix Jeune Bénévole témoignent

 

 

Et voici donc les témoignages des lauréats du Prix Jeune & Bénévole 2012 :

 

Marion, 23 ans,  bénévole pour Junior Solidarité, gagne une immersion dans une association en Acadie (Canada) offert par les Amitiés France-Acadie

Marion a aidé les enfants atteints de cancer et hospitalisés à rompre leur isolement grâce à internet et aux multimédias.

« Pendant deux ans, j’ai été bénévole au service d’oncopédiatrie d’Oscar Lambret, pour Junior Solidarité, une association qui met à disposition des enfants hospitalisés des ordinateurs afin qu’ils puissent rester connectés avec le monde extérieur. L’isolement est un problème récurrent pour ces enfants prisonniers de l’hôpital qui sont bien souvent éloignés de leur famille, de leurs amis et de l’école. Alors, je venais un après-midi par semaine pour leur faire découvrir Internet. Mais surtout, j’étais là pour les distraire, leur faire oublier leur maladie et l’hôpital l’espace d’un instant. Pour les parents aussi ma présence était un moment de répit; un moment où ils pouvaient aller boire un café, prendre l’air; un moment où ils voyaient leur enfant s’amuser.

Ces après-midi de rires et de jeux ont tous été uniques en leur genre, tout comme les enfants que j’ai eu la chance de rencontrer. Chaque moment passé avec eux, chaque sourire, regard, merci ou simple « tu restes encore un peu ? » sont autant de cadeaux en retour qui ont donné tout leur sens et ont rendu précieuses ces quelques heures passées chaque semaine auprès d’eux.

Avec le recul j’ai également pris conscience que cette expérience m’a beaucoup apporté parce qu’elle m’a humainement enrichi. Le bénévolat est une promesse, celle toujours tenue, de rencontres inoubliables, de souvenirs inoxydables, et de moments de partage riches d’une modestie, d’une simplicité et d’une générosité qui les rendent uniques. » 

 

Ophélie, 22 ans, bénévole pour GENEPI, gagne un séjour dans un chantier international en Europe, offert par Jeunesse & Reconstruction et GDF Suez 

 Après s’être occupé d’un enfant  autiste, Ophélie a enseigné l’anglais à des prisonniers.

« Le bénévolat.

Si pour certains, cela rime avec voyage sous la forme du volunteering, il n’est pas nécessaire de voir si loin. Souvent, ceux dont le besoin d’aide est grand se trouve sous nos fenêtres. C’est dans ce sens que j’ai décidé de m'occuper d'un enfant autiste. Lorsque l’on voit les tentatives d’affections avortées entre l’enfant et la mère et la tristesse qui en découle on se dit que les efforts fournis en valent la peine.C’est alors que commence un échange mutuel. Même si parfois, on doute de la portée que représente notre implication, chaque action est utile, quel qu’en soit l’échelle. Dès que l’on croit à ce que l’on fait, cet effort est toujours récompensé. Chaque engagement, même de courte durée est toujours bénéfique. C’est ensuite auprès de l’association du Génépi que je me suis engagée. J’ai voulu faire bénéficier aux prisonniers des cours d' anglais, afin de garder la socialisation de ces personnes. Cela permet de casser cette barrière de la prison. Et ceci de chaque côté. Le bénévolat permet d’appréhender notre société , c’est lorsque qu'on offre sans nécessité de retour que l’on obtient le plus. Cela permet de créer des liens forts et sains. Au au cours d’un voyage en Inde, j’ai rencontré un Tibétain, Tenzin Jigme, à un cours d'anglais que je donnais. C'est dans cet échange qu'il m'a avouée que c’était grâce à des gens comme nous, les bénévoles, qu’il arrivait à concevoir un bel avenir pour son jeune frère. Le temps que l'on prend pour aider son semblable à devenir meilleur est celui qui nous rend nous-mêmes meilleurs. » 

 

Sabine, 23 ans, bénévole pour l’association des paralysés de France, gagne un séjour en Allemagne dans un chantier, offert par l’OFAJ.

Un plaidoyer vibrant et plein d’humour en faveur du bénévolat

« -Il est déconseillé de faire du bénévolat si vous êtes un androïde ou un robot: sont suscités en effet les sentiments d'empathie et d'altruisme.

-Attention, être bénévole comporte des risques majeurs de proximité, d'échange et de discussion: personnes antipathiques et égoïstes, s'abstenir.

-Veuillez respecter l'intégrité et la dignité de chacun: être bénévole est synonyme ni de bonne à tout faire, ni de super-héros.

-Veuillez éviter de vous sentir redevable ou supérieur: l'être humain est bon par nature, prouvez-le (et restez modeste)! -Pour votre longévité et celle des autres, il est conseillé d'effectuer du bénévolat aussi souvent que vous le pouvez. » 

 

Baptiste, 20 ans, bénévole pour l’UNICEF, gagne un séjour sportif en France, offert par l’UCPA.

Baptiste défend depuis quatre ans la cause des enfants avec l’UNICEF, d’abord au lycée puis à l’université.

« Donner, c'est aussi recevoir. Voilà maintenant 4 ans que je défends la cause des enfants avec l'Unicef. D'abord au lycée puis à l'université, cet engagement pour les enfants, notre avenir, est maintenant un des piliers de ma vie. D'ailleurs, mon engagement ne peut pas être résumé en 1500 caractères. Non pas parce que j'ai accomplis énormément de choses mais parce que j'en ai vécu énormément. Chacune de mes rencontres, chacun de mes souvenirs pourraient remplir ces lignes tellement ils ont été riches.

Le bénévolat ce n'est pas seulement donner de son temps, c'est avant tout un échange entre vous et les autres: bénévoles, proches, inconnus. Chacune des personnes que vous rencontrez vous apporte quelque chose et nombreuses sont les personnes qui m'ont rendu meilleur. Les rencontres que l'ont fait sont le moteur du bénévolat mais elles en constituent aussi toute la richesse.

Pendant longtemps, je pensais que le bénévolat devait être comme une pénitence visant à nous rendre meilleur. Je pensais qu'éprouver du plaisir à aider les autres ce n'était pas possible voire répréhensible. Ce n'est qu'avec le temps que j'ai compris: il faut être bien arrogant pour croire que seul le bénévole peut donner et n'a rien à recevoir. Avoir à coeur ce que l'on fait, en tirer du plaisir est donc "acceptable" mais c'est surtout normal et essentiel. Normal car le bénévolat est un échange et essentiel car le plaisir permet de poursuivre et même accroître son engagement. Le plaisir décuple notre motivation, c'est le carburant du bénévolat. La mécanique du bénévolat c'est donc de rencontrer des gens avec qui on prend plaisir à porter et défendre une cause. »