Les gagnants du prix Jeune & Bénévole 2013

 

 

Jeudi 5 décembre 2013 à l’occasion de la journée  mondiale du bénévolat, Gisèle Stievenard et Hamou Bouakkaz, Adjoints au Maire de Paris, et Isabelle Persoz fondatrice d’Espace Bénévolat ont remis les prix « Jeune&Bénévole » aux 4 lauréats 2013.

La cérémonie se déroulait dans la splendide salle des fêtes de l’Hôtel de Ville de Paris, en présence de centaines de bénévoles parisiens réunis pour la soirée des bénévoles.
Le prix « Jeune&Bénévole » a été créé par l’association  Espace Bénévolat pour récompenser les meilleurs témoignages des 15 à 25 ans en faveur du bénévolat.
 

 

Manitra, 24 ans, 1er prix, bénévole au Secours catholique de Dijon, gagne un chantier en Europe offert par Etudes&Chantiers. 

 
Manitra, aidée à son arrivée en France par le Secours Catholique, a aidé à son tour les demandeurs d'asile.
 
 
En quittant Madagascar pour mes études en 2010 j’ai cru en l’eldorado que représentait la France pour les millions de personnes qui viennent d’un pays pauvre. Une fois sur place avec le mal du pays, la solitude, l’échec de mon année universitaire, les problèmes financiers et les soucis de santé, j’ai dû frapper aux portes du Secours Catholique.
C’était vers la fin de l’année 2011. En plus de m’avoir accueillie et aidé, ils m’ont accepté parmi eux en tant que bénévole.
En consacrant mon temps libre aux demandeurs d’asile j’ai pu partager avec eux l’espoir que j’ai retrouvé grâce au Secours Catholique. En échange je me suis enrichit humainement, j’ai appris à poser sur les autres le regard de compassion que j’ai souhaité avoir lorsque j’étais moi-même en détresse. Aujourd’hui, je crois de nouveau en moi. Et si j’y suis arrivé, c’est parce que même loin des miens, je n’étais pas seule. Les personnes que je côtoyais au Secours Catholique - qui représente pour moi une famille : celle du cœur - eux aussi ont cru en moi.
La preuve, je suis aujourd’hui engagé en tant que volontaire civique à la délégation Bourgogne.
Bref pour moi, tout se résume en deux questions : D’où je viens et pourquoi je suis là ? 
A la première je répondrais que je viens de loin (dans tous les sens du terme).
Et  je dirais que je suis là pour partager ce que j’ai reçu. Mais surtout : je suis là parce qu’on m’a aidé, parce qu’on m’a accompagné et parce qu’on a cru en moi.
Et si moi j’y ai eu droit pourquoi pas les autres ?

 

 

Jean-François, 21 ans, bénévole au sein de l'association étudiante ISEP Transaharienne dont il est le Président, gagne un séjour dans un chantier international en Europe, offert par Jeunesse & Reconstruction et GDF Suez.

 
 
Jean François organise des collectes de fournitures scolaires et de matériel informatique en France, et  leur  acheminement dans des écoles du sud marocain. 
 
Cela fait maintenant plus d'un an que je suis bénévole à la Transaharienne, une association étudiante qui organise des collectes de fournitures scolaires en France, et assure la distribution du matériel sur place, au Maroc. Le manque de ressources y est dans les régions les plus pauvres véritablement criant.
Conscient de ces carences et sensible aux droits des enfants, je donne chaque jour un peu de mon temps pour préparer au mieux récolte et répartition des provisions. Je m'efforce aussi de faire connaître les conditions des enfants dans le monde en intervenant auprès des élèves et des étudiants.
C'est en me rendant aux côtés des personnes les plus démunies que l'aide apportée a été la plus précieuse et l'échange de nos cultures le plus intense. J'ai eu la possibilité de me rendre compte que même la plus petite action, si elle est faite par le cœur, est profondément bénéfique. Malgré des moyens dérisoires, peu de choses chez les populations isolées du Sud Marocain auraient pu troubler leur joie de vivre.
Tous ces moments forts passés ici et là-bas m'ont amené à partager des sourires, des amitiés, mais aussi d'inoubliables rencontres. Le sentiment de donner de l'espoir, mais d'en recevoir encore plus, m'a beaucoup marqué. Je dirais alors que c'est avec l’œil du bénévole que l'on voit le monde sous un angle plus juste, et d'un regard meilleur.
 

Elodie,15 ans, bénévole chez Les Compagnons de la Nuit, à Lorient, gagne un séjour en France offert par l'UCPA.

 
Elodie consacre deux soirées par mois à des maraudes auprès des sans-abri de Lorient.
 
En ce soir d’octobre, je viens vous conter mon expérience. Quand j’étais toute petite déjà, j’aimais donner aux plus démunis ce dont je ne me servais plus (habits, jouets..). Plus tard, j’ai toujours aimé aider et rendre service à quiconque en avait besoin.
Mon éducation basée sur le respect et l’entraide m’a aussi encouragée à être attentive aux gens qui m’entourent, sans jamais rien vouloir en retour. Ainsi ces motivations m’ont poussée à devenir membre de l’association les Compagnons De La Nuit, que j’ai connue par le biais de mon lycée qui favorise la solidarité. C’est donc  avec enthousiasme que je sillonne, deux soirs par mois, les rues de Lorient (Bretagne) avec d’autres bénévoles.
Nos maraudes consistent certes à apporter aux sans-abri, nourriture et couvertures, mais pour moi c’est avant tout pour leur apporter du réconfort  et leur prouver que malgré leur histoire et leur situation, il y a, non seulement des adultes qui pensent à eux, mais aussi et surtout des jeunes.
Et des jeunes conscients de leur situation, mais qui restent volontaires pour les rencontrer et les écouter. Pour moi, c’est aussi un moyen de partager un trop court moment avec eux et de les soutenir dans ce passage plus ou moins long et difficile de leur vie.
Cette association me permet d’avoir une vision autre des sans-abris, plus positive et de m’apercevoir de ce qu’est la dure réalité de la vie.
Telle est mon action de jeune bénévole. Et vous, que faites-vous pour aider les autres ?
 

Aurélie, 22 ans, bénévole chez les Papillons Blancs de Paris- APEI 75, gagne un chantier en Allemagne, offert par l'OFAJ. 

 
Aurélie accompagne des personnes handicapées  et anime avec elles des ateliers d'art plastique.
 
J’ai toujours souhaité faire du bénévolat. Il y a trois ans, j’ai découvert l’association Les Papillons Blancs de Paris, dont les buts et les missions m’ont immédiatement séduite. L’enjeu, selon moi, était double : venir en aide à ceux qui en ont besoin, tout en m’enrichissant personnellement. J’ai d’abord accompagné Coline, une jeune fille trisomique. De son école à son domicile, ce n’était pas seulement un trajet que nous faisions ensemble, mais cela constituait aussi et surtout des moments de partage. J’ai arrêté pendant quelques temps les accompagnements pour l’association, en raison de mes études. Mais ces moments m’ont beaucoup manqué, raison pour laquelle je suis de nouveau SMACtrice* cette année. J’accompagne Assim de son domicile à la crèche, ou inversement. A défaut de se parler pendant les trajets, on se sourit et on rigole ensemble. Et cela vaut tous les mots du monde .
 
*Service Mobile d’ACcompagnateurs (SMAC)